Selon le baromètre EY publié en juillet, les start-ups françaises ont levé 2,8 milliards d’euros entre janvier et juin 2025. L’on peut même parler d’une baisse de 35 % par rapport à 2024. Plus marquée que les autres start-ups européennes, cette tendance met à mal la dynamique de la French Tech dans un contexte économique et géopolitique incertain.
La French Tech traverse un passage délicat. Alors que l’IA et d’autres innovations technologiques bousculent les modèles établis, les jeunes entreprises françaises doivent faire face à une contraction sévère des financements. Dans ce climat tendu, le premier semestre 2025 a confirmé une dégradation de l’investissement dans les jeunes entreprises. D’après les dernières données d’EY, les montants levés sur cette période s’effondrent de plus d’un tiers par rapport à 2024. Une baisse qui ne s’explique pas uniquement par la conjoncture internationale, puisque les marchés britanniques et allemands résistent mieux. Si certaines entreprises comme Knave, Pennylane ou Alice & Bob parviennent encore à tirer leur épingle du jeu, le décrochage global inquiète.
Un recul marqué du financement de la croissance
Selon le baromètre EY sur le capital-risque en France, 314 start-ups ont levé 2,8 milliards d’euros sur les six premiers mois de l’année. Ce chiffre traduit une diminution de 35 % par rapport à la même période en 2024. Le segment le plus touché est celui des investissements en « Growth Equity », qui passe de 1,5 milliard à seulement 200 millions d’euros. Cela signifie une chute de 87 %. Le capital-risque classique recule, lui, de 7 %.
Ces chiffres traduisent une perte d’attractivité de la scène tech française dans un contexte mondial sous tension. Si l’environnement économique reste instable, d’autres pays parviennent à limiter les dégâts, comme :
- Le Royaume-Uni (-12 %) ;
- L’Allemagne (-2 %).
Ce contraste soulève des interrogations sur la capacité de l’écosystème français à conserver sa dynamique. Dans ce climat incertain, les jeunes talents et profils expérimentés peuvent s’interroger sur la viabilité des opportunités dans la tech française. Pour beaucoup, l’estimation de salaire brut devient un critère décisif pour évaluer une offre ou envisager un poste en start-up. Or, la baisse des investissements pourrait freiner la capacité des structures à proposer des rémunérations compétitives face à des marchés plus résilients.
Quelques réussites dans un paysage en repli
Malgré la tendance générale, certaines start-ups françaises continuent à séduire les investisseurs. Comme le cas de Knave, une fintech, qui a réussi une levée de fonds de 100 millions d’euros. Le logiciel de comptabilité Pennylane, déjà classé licorne, poursuit son développement et conserve sa place parmi les leaders du secteur. De son côté, Alice & Bob, spécialisée dans les processeurs quantiques, a intégré le programme Next40 / FrenchTech 120, symbole de son rayonnement technologique.
Des initiatives ont également vu le jour pour soutenir la French Tech. Parmi elles, la campagne « Je choisis la French Tech », récemment mise en avant lors de Vivatech 2025. Toutefois, l’ampleur du recul observé suggère que ces efforts, bien qu’essentiels, pourraient ne pas suffire à enrayer la tendance à court terme.
Dans ce contexte, l’attractivité des start-ups se joue sur l’innovation ou la valorisation et sur leur capacité à recruter. Plusieurs profils tech ou business, avant de rejoindre une jeune société, cherchent une estimation de salaire brut claire et réaliste. La transparence salariale devient ainsi un levier stratégique pour fidéliser les talents et renforcer la crédibilité de l’écosystème face à la concurrence internationale.
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