Suspendue en France depuis 2022 à la suite d’un différend avec le gouvernement, la plateforme vidéo Rumble annonce son retour. Son fondateur, Chris Pavlovski, se félicite d’une décision judiciaire favorable. Cette réapparition interroge toutefois sur la portée réelle du jugement et sur la position de la plateforme concernant les médias russes interdits en Europe.
Après presque trois ans d’interruption, Rumble rouvre ses services en France. La plateforme de vidéos, considérée comme une alternative à YouTube sans modération, avait suspendu son activité en 2022 suite à une demande du gouvernement français. Celle-ci vise à bloquer les chaînes russes RT et Sputnik, interdites dans l’Union européenne depuis le début du conflit en Ukraine.
Le 14 octobre, Chris Pavlovski, fondateur de Rumble, a célébré ce retour en évoquant une victoire judiciaire. Toutefois, les détails de cette décision et ses conséquences restent flous. Cette reprise soulève à nouveau le débat sur la régulation des contenus et l’exercice de la liberté d’expression sur internet.
Une victoire judiciaire aux contours incertains
La plateforme Rumble justifie son retour en France par une récente décision de justice qui invaliderait la demande gouvernementale formulée en 2022. Selon son communiqué, la requête de blocage des chaînes russes aurait été transmise par simple courrier électronique émanant d’un représentant de l’État. Le tribunal aurait estimé qu’un tel e-mail ne constituait pas un acte exécutoire. Face à cette interprétation, la société canadienne affirme avoir « rétabli l’accès à sa plateforme vidéo en France ».
À l’instar du calcul des charges dans une entreprise, nécessitant de vérifier chaque élément, Rumble a examiné chaque détail juridique avant de décider de son retour.
Cette annonce a été relayée par Chris Pavlovski sur le réseau social X, où il s’est félicité de la victoire de son équipe juridique. Néanmoins, aucune précision n’a été apportée sur la juridiction saisie ni sur la portée de la décision. De leur côté, les autorités françaises n’ont pas encore commenté la situation.
Selon Rumble, les points essentiels sont les suivants :
- – La demande de blocage provenait d’un simple e-mail officiel.
- – Le tribunal aurait jugé cette démarche non contraignante.
- – Rumble en déduit qu’aucune mesure légale ne s’opposait à son retour.
Un retour qui relance le débat sur la modération des contenus
Si Rumble revendique une approche absolutiste de la liberté d’expression, cette position l’avait déjà mise en conflit avec les réglementations européennes. En refusant de restreindre les médias russes, la plateforme s’était volontairement coupée du marché français.
Son retour, annoncé comme une victoire judiciaire, relance la question du contrôle des contenus et de la responsabilité des hébergeurs. Tout comme le calcul des charges imposant une vérification précise des éléments, les plateformes doivent s’assurer de leurs choix en matière de diffusion respectant les cadres réglementaires.
Le 14 octobre, plusieurs utilisateurs ont constaté que la chaîne RT était à nouveau accessible depuis la France. Une situation qui soulève des interrogations quant au respect des sanctions européennes.
De son côté, Chris Pavlovski a indiqué vouloir « passer à autre chose » et « entamer un nouveau chapitre » pour Rumble dans l’Hexagone. Toutefois, l’incertitude demeure sur la pérennité de cette reprise et sur la réaction des autorités à venir.
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