Les entreprises peinent encore à appliquer l’intéressement et la rémunération variable

Moins de la moitié des actifs français reçoivent une rémunération annexe et seulement 23 % bénéficient d’une rémunération variable. La majorité des dirigeants d’entreprise et des collaborateurs concernés vantent pourtant les avantages de ces dispositifs. Les chiffres indiquent que les sociétés ont le potentiel de faire mieux malgré un certain nombre d’obstacles persistants.
En France, la capacité d’un employeur à attirer et surtout fidéliser les bons profils est souvent au cœur des discussions. Considérées comme faisant partie des moyens pour y parvenir, les rémunérations annexes et variables susciter quelques doutes auprès du public. Ces dispositifs restent en effet largement sous-exploités dans les entreprises françaises. L’Institut français d’opinion publique (Ifop) a mène une enquête pour Primeum, leader de la rémunération variable sur le territoire européen. 400 citoyens et dirigeants d’entreprise y ont participé. La majorité des répondants estiment qu’un partage juste et équilibré des bénéfices reste un objectif difficilement atteignable. Le sujet s’invite d’ailleurs régulièrement dans les débats politiques.

L’intéressement et la rémunération variable encore peu accessibles

Selon une estimation du salaire brut en France, 45 % des salariés seulement reçoivent une rémunération annexe. Ce revenu supplémentaire comprend les primes variables de performances, les avantages en nature, les actions gratuites et les primes d’intéressement. Ces dernières, bientôt connues en tant que « dividende salarié », sont plus à la portée du personnel. Fabien Lucron, directeur du développement chez Primeum, considère la future extension du dividende comme une mesure de justice sociale. Il estime cependant que cela ne suffit pas à motiver les employés de manière permanente. Les collaborateurs ont besoin de gratifications individuelles afin d’être fidélisés, ce qui représente un enjeu majeur compte tenu notamment du contexte inflationniste actuel. Par ailleurs, moins de la moitié des actifs touchent le « dividende salarié ». Plus exactement 47 % des chefs d’entreprises en bénéficient, contre 32 % des employés.
Par ailleurs, seulement 23% des salariés reçoivent la rémunération variable. Sur l’ensemble des cadres qui utilisent cette forme de compensation, seulement 30 % l’appliquent aux membres de leurs équipes. Les salariés occupants des postes de soutien, d’administratif et de production sont peu nombreux à avoir droit à une rémunération variable. Laquelle est surtout octroyée aux collaborateurs occupants des fonctions commerciales (44 %) et dirigeantes (37 %).
Généralement, la compensation variable est déterminée par la taille de l’entreprise. Les grandes sociétés et celles qui réalisent un chiffre d’affaires d’au moins 50 millions d’euros par an y ont davantage recours. Les dirigeants estiment que la rémunération variable ne représente que 13 % de la masse salariale totale. Fabien Lucron explique pourtant qu’elle pourrait atteindre les 20 % dans toutes les entreprises, soulignant ainsi son potentiel inexploité. 64 % des dirigeants pensent quant à eux que la rémunération variable est applicable à l’ensemble des fonctions. Parmi ceux qui y procèdent déjà, 71 % veulent la développer dans leur société.

Des opinions mitigées sur la rémunération variable et le dividende salarié

La même enquête sur l’estimation du salaire brut montre que plus de 70 % des travailleurs français affirment que la prime variable, à travers l’intéressement, booste la motivation des employés. Elle contribue à améliorer les performances globales de la société. 74 % pensent que la rémunération variable promeut une meilleure répartition de la richesse créée par l’entreprise. En revanche, pour 76 % des salariés français, cette rétribution expose leur pouvoir d’achat à la vulnérabilité des fluctuations économiques de la société qui les emploie. 72 % des collaborateurs estiment qu’elle engendre des rivalités entre collègues, ce qui, par ailleurs, peut augmenter le niveau d’anxiété et de tension (68 %).

Fabrice Lucron déclare qu’une rémunération variable convenablement mise en place est une source de motivation pour les travailleurs. Toutefois, elle ne doit jamais remplacer un salaire fixe qui sert à couvrir les charges journalières. Les responsables des ressources humaines et les dirigeants notent 3 grands avantages de la rémunération variable :

  • 80 % d’entre eux constatent qu’elle permet d’améliorer les résultats de la société ;
  • 87 % sont d’avis que cette compensation favorise le partage du profit de l’entreprise ;
  • 91 % considèrent qu’elle permet de motiver le personnel.

Les travailleurs qui y ont droit apprécient ce système, contrairement au grand public, qui, lui, reste sceptique, ne le considérant pas vraiment comme une mesure de justice sociale. Trois quarts (69 %) des salariés touchant une rémunération variable considèrent par ailleurs que celle-ci permet de mieux compenser l’inflation.

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