Le marché du coworking en France devrait rester intact malgré l’effondrement de WeWork

En France, la filière du coworking entre dans une période décisive face à l’éventuelle faillite de WeWork. Depuis l’échec de son introduction en bourse en 2019, le numéro un mondial du secteur souffre d’énormes problèmes financiers. Néanmoins, ces difficultés ne devraient pas occasionner de grands dégâts sur le marché tricolore, pensent des acteurs.

D’après le Wall Street Journal, l’entreprise américaine WeWork, spécialisée dans le coworking, croule sous les dettes. Le groupe new-yorkais doit environ 3 milliards de dollars d’arriérés à différents créanciers, ajoute le quotidien. La faillite semble ainsi proche pour la société, qui a introduit d’énormes changements dans le secteur de l’immobilier de bureau.

Face à cette situation, beaucoup craignent qu’une éventuelle disparition du géant américain puisse impacter considérablement le marché français du coworking. De nombreux acteurs ont en effet suivi son modèle. Les CEO de Comet et de Morning, respectivement Victor Carreau et Clément Alteresco, ont donné leur avis à la question. Ils apparaissent assez optimistes.

De nouvelles opportunités naîtront

Victor Carreau pense qu’un dépôt de bilan n’affecterait aucunement le marché du coworking en France, qui affiche une bonne santé. Le dirigeant poursuit que la nécessité d’une flexibilité est bien partie pour y rester. Il prévoit même un scénario très positif alors qu’un nouveau cycle de maturité débute pour la filière immobilière de bureau. Le cofondateur de Comet annonce un accroissement des opportunités sur le marché. Ce qui plairait notamment aux consultants portés, qui pourraient réviser leur tjm portage salarial selon l’offre et la demande.

Victor Carreau déclare que le marché du coworking en France se dirige vers davantage de souplesse, Wework ou pas. Il admet que ce géant américain a certes démocratisé le secteur, mais ce dernier présente aujourd’hui une nouvelle maturité nouvelle. Le CEO de Comet ajoute :

[…] L’évolution du marché, ce n’est pas forcément du coworking et du bail classique. Une nouvelle approche émerge pour bénéficier du meilleur de ces deux mondes. Je pense qu’il faut amener différentes briques dans les immeubles pour faire un choix nuancé.

Clément Alteresco explique pour sa part que le modèle du coworking de manière globale s’avère indemne. Pour lui, WeWork représente un cas isolé. Le CEO de Morning explique qu’alors qu’elle grandissait rapidement, l’entreprise a souffert d’une mauvaise gestion de départ :

[…] En ne faisant absolument pas attention à son modèle économique de base. Quand on fait n’importe quoi, cela ne marche pas.

Les espaces de coworking hébergent le siège social de start-ups

Ayant pris exemple sur WeWork, de nouvelles entreprises ont investi dans le marché porteur du coworking. La pandémie de Covid-19 a brusquement suspendu la croissance de ce créneau. Cependant, dans la foulée, son ascension s’est produite avec plus d’ardeur, tant le travail à distance s’est popularisé. Accélérée soudainement par la crise sanitaire, cette démocratisation a transformé le monde du travail en profondeur. À tel point que les entreprises se sont retrouvées contraintes d’accélérer leur réflexion immobilière afin de repenser l’utilisation des bureaux. De ce fait, la demande pour le coworking augmente en permanence. Le marché devrait ainsi peser 120 milliards de dollars d’ici deux ans à l’échelle planétaire. Un rapport de Welkin & Meraki révèle qu’en 2018, il comptabilisait seulement 30 milliards de chiffre d’affaires.

Plusieurs start-ups, à l’instar de Qonto, ont décidé dans ce contexte d’installer leur siège social dans des locaux de coworking. La crise sanitaire a renforcé cette tendance. En témoigne Contentsquare, entre autres, qui l’avait embrassée en juin 2021. La jeune pousse avait choisi de domicilier son siège social dans un building WeWork, au centre du VIIIe arrondissement parisien.

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